La musique a beaucoup évolué dans le monde. Comme les autres genres, le rap n'est pas resté statique. En Côte d'Ivoire, le rap a connu ses années de gloire avant d'être rangé aux oubliettes avec l’avènement du coupé-décale. Mais depuis quelques années, le rap connait un regain d’intérêt, avec des colorations nouvelles. 


Nouvelle génération, nouvelle coloration 

Cette nouvelle coloration se fait sur fond d'ambiance et de « musique d'enjaillement ». Ce sont entre autres, Ezamafuck, Fior de Bior, Chinois… Cette situation fait réagir plusieurs personnes. Il y a d'une part celles qui se considèrent comme des puristes, pour qui cette nouvelle façon de faire du rap n'est pas du rap. Et il y a de l'autre côté, les personnes qui estiment que le rap est appelé à évoluer, et encouragent la nouvelle génération à continuer.

Que disent-elles réellement ?


Les puristes 

Au nombre des arguments de ceux qui estiment que la nouvelle génération ne fait pas du rap, il y a le manque de richesse dans les textes. Les punchlines, phrases fortes qui font la particularité du rap prennent des allures comiques. C'est le cas de Josue Emmanuel Nomenyo, qui estime que les textes de cette nouvelle génération manquent cruellement de poéticité : 

« Il n’y a absolument aucune poésie dans leurs textes et le rap qu’il soit conscient, game et j’en passe, est fort des punchlines : ce qui ma foi n’est pas leur dada. Je pense donc que c’est un tout nouveau style musical qui puise indéniablement ses racines dans le rap, mais qui n’en est pas entièrement. On ne peut juste dire « ils font du rap » et se taire. « Rap décalé, rap d’ambiance... » Je ne sais comment appeler cela, mais ce n’est clairement pas juste du rap, ça il faut qu’on soit d’accord là-dessus ».

Pour lui, ce n'est tout simplement pas du rap car la condition de base n'est pas respectée. 

Allant dans le même sens, Abdul-Saïd Sangaré estime que la qualité n'y est pas : « on ne dit pas de venir avec un message chaque fois, c'est important de divertir. Mais quand vous dites que vous faites du rap, on s'attend à un minimum de qualité. C'est là où il y a problème. Le son oldschool/newschool tout ça c'est secondaire ».  

Ceux qui soutiennent la jeune génération 

Certains mélomanes sont plutôt mesurés. Pour eux, la musique est censée évoluer, et tant que la créativité est au rendez-vous, on aime. Au-delà de cet argument, il y a aussi le fait qu'un artiste doit vendre. De ce fait, il doit savoir s'adapter à son public et faire évoluer sa musique. Charles Tanoh-Boutchoué est de cet avis : 

« C’est bien beau de faire des théories sur l’évolution du rap, sur le fait d’être puriste ou pas... mais si au finish ça sert qu’à faire des premières parties d’artistes voisins (superstar) devant un public local quasi endormi, ou prendre sont peu de revenu pour dépenser en « tratra » au black ou bien bouteille en boite c’est qu’on a absolument rien compris au game ». 

Alors rap ou pas rap, la frontière n'est pas si simple à déterminer. C'est ce que tente d'expliquer Morgane Habiyaremye : « la définition du rap va un peu plus loin que le simple flow ou le style à mon avis [  ] Souvent ce qui est classé rap est beaucoup plus de la pop qui s'approprie certains codes du rap ». 

Il sera difficile de trouver un terrain d'entente entre ces deux catégories de personne. Une chose est certaine, la jeune génération fait preuve de créativité. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le public répond favorablement dans l'ensemble. En définitive, n'est-ce pas la musique ivoirienne qui gagne ?

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